Entrevue réalisée
par Jean Surette des Païens.
Jean : Comment est
écrite une tune typique ? Les paroles ou la musique
en premier ?
Alexandre Bilodeau : Des fois ça
commence tout avec une idée précise comme
dans le cas de Icitte pour de bon où nous
savions que nous devions faire une pièce énergétique
avec un message positif. C'était de la musique sur
commande. Mais en général, ça commence
avec un beat et là un texte est écrit à
moitié et par la suite, le beat est affiné,
quelques petits mots sont introduits quelques minutes avant
l'enregistrement, on entre dans le studio toujours dans
une atmosphère festive et énergétique
et voilà : la tune est écrite.
Jean : Jammez-vous des fois ?
Alexandre : Garantie, par contre ce sont
surtout des sessions de freestyle dans la voiture en conduisant
les longues distances entre les villages acadiens tard le
soir. Mais, de temps en temps nous avons eu la chance de
jammer avec Les Païens, DJ Tekstyle, Vishten et autres
musiciens d'Acadie et d'ailleurs. Ce n'est presque jamais
que nous jammons comme groupe puisque nous habitons tous
des villes différentes.
Jean : Est-ce que Jacobus et Maleco
écrivent séparément ou bien ensemble
?
Alexandre : Ils écrivent surtout
séparés puisqu'ils habitent à trois
heures de route l'un de l'autre.
Jean : Changes-tu la musique des fois
pour mieux répondre aux besoins des paroles?
Alexandre : De plus en plus, oui. On vient
de terminer une chanson thème pour une émission
de Radio-Canada Atlantique (samedi à 16 heures) et
j'ai fait bien des altérations à la musique
en fonction des voix. Par contre, sur le disque La gueule
de bois, la production est plutôt primitive.
Jean : Live, y a-t-il des moments d'improvisation
?
Alexandre : Au niveau du scratch, ce n'est
que de l'impro sur des idées vagues. Les paroles
ont tendance à changer en fonction de la foule, l'intensité
et comme aiguisées sont nos mémoires. La musique
est produite d'avance et ne change jamais, malheureusement.
Nous sommes en train d'explorer des nouvelles technologies
qui nous permettraient de jouer avec la musique en live.
Jean : Avez-vous l'impression que vous
êtes contestataires des fois ?
Alexandre : Pas tellement non. Le groupe
me semble être en évolution vers des choses
plus contestataires qui n'auraient probablement pas été
acceptées aussi facilement dans nos débuts.
J'allons woire.
Jean : La Baie (Sainte Marie, ndlr)
peut-elle s'entendre dans la musique autrement que dans
l'accent et les patois ?
Alexandre : On entend très peu d'échantillons
de musique typique de la Baie. Ce n'est pas par intention
qu'on a choisi les sonorités globales de la musique
électronique et du hip-hop pour transmettre notre
premier disque à l'Acadie et non pas de reels et
de la batterie. C'était la chose naturelle à
faire. Pour le reste, je sais qu'il y a des collaborations
planifiées avec des musiciens dit 'traditionnels'.
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