CADAVRE EXQUIS DU 1/01/2003

 

Lover le temps qui reste
Au creux sombre et miellé
De cheveux
Se nicher au creux des parfums,
Voilà mon rôle tenace.
Ne pas se laisser atteindre
Laisser passer glisser
Ne montrer les dents
Qu’au coin des lèvres
Au sourire éparpillé
Attendre
Laquelle des lumières
Reste et vibre?
Celle de ton corps cambré,
Bourgeon soyeux,
Ou la pâleur à venir
Qui vibre sur moi comme un violon?
Les yeux fermés
Le rôle est trop usé
Coup de griffe dans le dos
S’affaisser Sang au creux des reins
Se relever Mutilée
Et puis
A minuit toute la ville
Reployée entre mes bras
Est sans réponse
A minuit
Dans le métro laiteux
J’interroge les pulsations de la nuit,
Poing fermé.
Je t’écoute sourire,
Et regarder ailleurs.
Vers l’ineffable
Lancer sa complainte
Inexpugnable
Et se rendormir
Salée du sable gris
Des larmes.


Lise Lefebvre & Julia Musté-Marchand, Cambes en Plaine, 2003.
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