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Songes obscurs de tes mots Abîmes des respirations Silences au creux desquels Se noie l’espoir Au crépuscule de mes cils Courbure aléatoire Crois-tu que ces signes soient cabalistiques Comme un envol d’oiseaux sauvages Enflammés Lancés Vers toi Le ventre ensanglanté Par les flèches des roseaux ? Arquée et vibrante Au bout de la jetée Des nuits brumeuses Je frissonne dans un soir Sinueux, si âpre Et je quête une aurore Miraculée Mirage avide De la mort Pourquoi m’éprouver Par le silence acéré, L’épuisement des larmes, Alors que j’aspire A sentir pousser sur ma peau Les plumes et l’or D’un souffle heureux ? Plumes détrempées Epouvantail claudiquant J’abandonne la pluie Abattue Pour me réfugier Une fois de plus A la chaleur extatique De nos étreintes Tant de fois recréées Il s’agit de fixer La vibration des instants Qui nous restent Et boire jusqu’au bout le vin lourd A l’étincelle Qui nous survit.
Lise Lefebvre & Julia Musté-Marchand, Singles,
6 juillet 03.
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