L’arbre qui parle
me parle de la terre
de son chant
de son sang
de sa longue agonie au crible des saisons
Il m’annone le temps
du labour aux moissons
la plainte de la glaise
aux blessures du soc
en attendant la graine
son ivresse et l’ivraie
L’arbre qui parle
me parle doucement
du vent et sa caresse la douceur de l’Espagne et de ses
oliviers
et à portée de pas
derrière la colline
il en entend l’écho
l’espoir au fil de l’eau
L’arbre qui parle
ne parle pas racines
il pleure
au gré du vent
Jean Roussie, En un miroir
de cendre et d’eau, 1995-2002.
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