J’aime ces maisons là
Au delà des boulevards
Poussées en rangs serrés
Au tournant de ce siècle
Aux faubourgs de la vie
Et dont les façades
Muets aux regards vides
Sont plantées en silence
Dans le cœur de nos villes
Il en existait une comme un coin dans le temps
Rappelle toi ma sœur nous y jouions enfants
Adossée à la pierre l’idée que je
m’en fait
C’est l’odeur du salpêtre et du tabac mêlées
Les histoires cachées dans des coins de grenier
Les trésors découverts aux hasards de nos jeux
Un brassard tricolore au nom des F.T.P.
De vieux papiers datant de ces années en guerre
Cette maison était quelque part un refuge
Rappelle toi ma sœur nous y jouions ensemble
Notre grand-père est mort au seuil de notre enfance
Emportant avec lui compagne de voyage
Sa maison du faubourg Avenue de la gare
J’emporte quant à moi de ce lit
d’hôpital
Où le cancer le ronge
Il sait qu’il va mourir
Un regard triste et lourd
Un adieu silencieux
Comme un acte d’amour
Jean Roussie, En un miroir
de cendre et d’eau, 1995-2002.
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