LES CORBEAUX
Au bord des routes, sous le regard cisaillé
des trains, on voit les corbeaux trottiner sur les troncs comme
des mains pensives.
Ils tournent leur bec intelligent pour gratter l’écorce
sèche, ou dénicher un fruit rond. Ils ne s’inquiètent
ni de leur plénitude, ni de leur beauté lustrée
entre les feuilles rousses.
Je voudrais tendre le bras par la vitre pour saisir leur pays,
souscrire à cette organisation d’oiseaux.
Mais le train est parti, pendant qu’ils dégustaient
leurs fruits rouges, et leur plumage me reste dans l’œil,
pareil à l’ironie.
Lise Lefebvre, Transversales,
août 2003.
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