Déployer l’éventail n’est
rien ; le ballet nécessaire des bras et des pieds est
ma respiration ; sa violence, mon contrôle. Et l’espace
d’un souffle toute la posture est tendue comme une étoffe
tueuse.
Je plains la poussière que je soulève ; mes ennemis
ignorent jusqu’au sang que mon corps précis fait
s’envoler. Leur carcasse se brise ; je demeure.
Tout cela, je l’accorde, n’est que théâtre,
et jeu vibrant du geste, dessin gracieux pour qui ne sait pas
lire.
Mais, seul, j’écoute la colère et l’amour
de mon sang derrière le rideau du souffle.