Déployer l’éventail n’est rien ; le ballet nécessaire des bras et des pieds est ma respiration ; sa violence, mon contrôle. Et l’espace d’un souffle toute la posture est tendue comme une étoffe tueuse.
Je plains la poussière que je soulève ; mes ennemis ignorent jusqu’au sang que mon corps précis fait s’envoler. Leur carcasse se brise ; je demeure.
Tout cela, je l’accorde, n’est que théâtre, et jeu vibrant du geste, dessin gracieux pour qui ne sait pas lire.
Mais, seul, j’écoute la colère et l’amour de mon sang derrière le rideau du souffle.

 

Lise Lefebvre, Au creux bruissant des cendres, août 2002.
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