Par la vertu des veines et la grâce
Du corps acéré,
J’ai enlacé, vipère précise,
Combien d’ennemis !

 

Ils griffent la poussière crispée,
Et le pied sur leur nuque violette
Au souffle rompu
J’ai versé la victoire,
Tribut du ciel de soie,
Dans la laideur de leur sang.

 

Et voici, maintenant que tout est
Détruit
Par ma main seule
Mes yeux cherchent d’autres beautés
Où se poser
Les corbeaux du ciel exsangue me fuient ;
Leur puanteur me repousse.

 

Mais mon corps ailé se drape
Comme la grue dans la fierté
Des chaleurs
Mon regard boit la nostalgie des fleuves,
Mes bras se lovent dans l’ombre des villes
D’argent
Et ma tête précieuse devient idole
Entre les mains ambrées de la Beauté.

 

Lise Lefebvre, Au creux bruissant des cendres, août 2002.
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