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Cette rencontre-là, c'est une empreinte.
Avec un goût amer de paradis perdu, à l'aube.
C'est que ce n'est pas tous les jours que s'élève la voix des anges. Qu'elle vous raconte, rien qu'à vous, quelque part au creux des côtes, les vieux mondes, occidentaux et orientaux, et leurs cadavres - qu'elle vous retrace les sillons de la terre ancienne, et les cris.
Ce n'est pas tous les jours que les anges daignent vous offrir la lumière.
Une voix.
Celle de Tomaz Boucherifi-Kadiou, auteur, compositeur, interprète du groupe de musique « interceltique » Tornaod.
Quand vous l'écouterez, vous comprendrez ce que veut dire « Deus d'an Tir na nog ».
En attendant, il nous fait l'honneur de sacrifier à l'exercice de style en mettant le feu à notre page blanche : TBK par lui-même. Attention, chant des sirènes.... Julia Musté-Marchand.
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LE CHEMIN, LE DOUTE, LA COLÈRE ET LA LUMIÈRE ou pourquoi et comment j'écris.
Des racines seules pourrissent en terre, un tronc coupé, c'est une force morte, un feuillage séparé de l'arbre se fane...
Un arbre profondément enraciné dans ses origines et à la force vive, dont le feuillage recueille l'eau de la vie : voilà comment je conçois la musique... je recherche la vibration universelle. Et je la trouve en toutes choses, comme les pièces d'un puzzle qui, une fois assemblées, permettraient de contempler le grand tout et d'en appréhender son sens.
Je refuse d'entrer dans un genre et d'enfermer ma musique dans une catégorie. Elle est ouverte, mais sans concession, prête à être influencée, mais pas transformée. Je la garde sincère vis-à-vis de moi et de ce qui m'est révélé au cours des expériences qui m'inspirent...
On pourrait dire que je fais de la musique bretonne ou celtique, mais ce n'est pas le cas. Je fais d'abord de la Musique.
Je fais par elle l'apologie de la vie, de l'univers, de la sagesse. Et si je le fais par la langue bretonne et les modes traditionnels, c'est parce qu'ils sont de mes racines et donc parties prenantes des expériences qui inspirent ma musique.
Écrire, composer, jouer c'est prendre les armes. C'est mener une guerre spirituelle pour ce qu'on croit juste, sans asséner de certitudes, sans lancer de bombes. Les seules armes sont les instruments et les mots, le seul devoir : être intensément sincère par son oeuvre. C'est pour ça que j'écris, pour illuminer les oreilles et les âmes des auditeurs, leur donner, et me donner, espoir et chaleur. Pointer du doigt ce qui nous oppresse en ces temps d'oppression sournoise ; et le temps d'un concert, eux dans la salle et nous sur la scène, être Unis Vers...
J'écris sur l'univers, j'écris avec lui et en lui ; rien ne peut nous opposer. Nous sommes un quand j'écris ; puis je retourne à la division expirer mon inspiration, partager lumière chaude et émotions.
Vous, moi, nous, toi, lui et elle unis dans l'art qui veille au vrai progrès du monde...
Tomaz BOUCHERIFI-KADIOU, 06 novembre 2003
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Face A : réel, Tomaz au flûtiau
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